Chiffres et faits sur la malnutrition dans le monde

 


Télécharger le fichier pdf Des_chiffres_et_des_faits_2022.pdf



Des chiffres et des faits sur l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans le monde


L’insécurité alimentaire augmente dans le monde

à cause de la crise alimentaire en cours



L’insécurité alimentaire et la faim augmentent dans le monde du fait de l’effet conjugué de la pandémie de la COVID-19 et de la mauvaise gestion du système alimentaire mondial, amplifié par les perturbations créées par la guerre en Ukraine. De plus en plus, chaque jour, le monde s’éloigne de la bonne voie dans son combat contre la faim et la malnutrition. Il en est de même pour les efforts visant à rendre les systèmes alimentaires plus durables et pour la lutte contre le changement climatique et ses impacts.


Cela n’augure rien de bon pour l’avenir.


Les dernières estimations des Nations unies relatives à la sécurité alimentaire, présentées dans un récent rapport (SOFI 2022), montrent une nouvelle détérioration de la situation alimentaire mondiale, faisant suite à la tendance négative observée au cours des cinq dernières années par un groupe d’agences des Nations unies comprenant la FAO, le FIDA, l’UNICEF, le PAM et l’OMS.


Insécurité alimentaire : les chiffres


Dans un article antérieur sur la situation alimentaire mondiale, nous avions attiré l’attention sur les trois moyens principaux de mesurer la malnutrition mondiale, sur la difficulté de produire des estimations et sur les questions relatives à la stabilité et la cohérence des chiffres avancés. Cette année, nous limiterons cet article à la présentation des résultats obtenus, en invitant ceux qui seraient intéressés par ces questions à se reporter à ce que nous avions écrit l’année en 2020 [lire].


Insécurité alimentaire grave et modérée, telle que mesurée par enquêtes


La prévalence de l’insécurité alimentaire grave ou modérée est déterminée à partir de grandes enquêtes nationales utilisant l’Échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (FIES) introduite par la FAO en 2014 et adoptée par 59 pays couvrant plus d’un quart de la population mondiale, complétées par les résultats du Gallup© World Poll (GWP) (en anglais). Le principe, ici, n’est pas de calculer des estimations sur la base de données statistiques, mais d’interroger les personnes sur leur expérience. 


Les résultats obtenus pendant les années au cours desquelles des enquêtes ont été menées montrent qu’un nombre croissant d’individus fait l’expérience d’une insécurité alimentaire modérée ou grave, surtout en Asie et en Afrique.


On peut voir dans le Tableau 1, ci-dessous, que près d’une personne sur huit dans le monde - en tout 924 millions de personnes - on déclaré avoir souffert d’une insécurité alimentaire grave en 2021. Cette proportion a été de plus d’une personne sur quatre en Afrique (322 millions de personnes) et environ d’une personne sur dix en Asie (489 millions de personnes). Les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes.


En Afrique, 40 % des individus qui se sont trouvés en situation d’insécurité alimentaire grave en 2021 étaient originaires d’Afrique de l’Est, tandis que la situation se dégradait dans toutes les sous-régions du continent, l’augmentation la plus rapide se produisant en Afrique de l’Ouest (multiplication par près de 2,5 de leur nombre depuis 2015). En Asie, plus de 80 % des individus concernés vivaient en Asie du Sud, alors qu’en Amérique Latine, leur nombre a doublé entre 2014 et 2021.


L’accroissement observé entre 2019 et 2021 est de 207 millions de personnes, dont plus de la moitié en Asie.


Tableau 1 : Évolution du nombre de personnes ayant vécu

une situation d’insécurité alimentaire grave (en millions)


Source: FAO


Le Tableau 2 montre qu’un nombre incroyable plus de 2,3 milliards de personnes ont été en situation d’insécurité alimentaire modérée dans le monde en 2021 (presque une personne sur trois). Cette proportion était presque de trois personnes sur cinq en Afrique et d’environ une personne sur quatre en Asie (1,15 milliard de personnes).


Tableau 2 : Nombre de personnes ayant vécu une situation d’insécurité modérée

en 2015, 2019 et 2020 (en millions)


Source: FAO




L’augmentation spectaculaire du nombre de personnes en insécurité alimentaire peut être clairement associée aux conséquences de la pandémie de la COVID-19 que lafaimexpliquee.org a eu l’occasion de mettre en avant depuis le début de 2020 [lire ici et ici], même si la pandémie n’est pas la seule explication de cette évolution, mais plutôt un accélérateur de tendances observées dans le passé récent, comme l’illustre le fait que l’insécurité alimentaire ressentie a augmenté continuellement sur la période 2014-2021.


Entre 2019 et 2021, plus de 200 millions de personnes supplémentaires firent l’expérience d’une insécurité alimentaire grave, tandis qu’environ 350 millions de personnes additionnelles se sont trouvées en situation d’insécurité alimentaire modérée, soit une amplification de l’évolution observée depuis plusieurs années. Le cas le plus frappant, peut-être, est celui de la région d’Amérique Latine et des Caraïbes, où le nombre d’individus en sécurité alimentaire grave a doublé entre 2014 et 2021 (la Figure 1 illustre cette évolution).


Figure 1 : Évolution de l’insécurité alimentaire grave et modérée

dans les régions



Source: à partir des données FAO

Télécharger le graphe en jpg: Figure1_22.jpg


Cette évolution peut également être reliée à la rapide augmentation des prix alimentaires observée depuis 2019, avant le début de la pandémie de la COVID-19, qui peut s’expliquer par la faiblesse préexistante des systèmes alimentaires. Étant données les caractéristiques de la pandémie qui circule plus vite parmi les habitants de grandes cités densément peuplées où la population est concentrée et où l’emploi est souvent informel et précaire, son impact sur la pauvreté et l’insécurité alimentaire est fréquemment ressenti davantage dans les zones urbaines que rurales. En outre, la pandémie met en évidence les inégalités, les femmes étant plus concernées que les hommes [lire].


En 2022, la guerre en Ukraine, en perturbant le marché mondial des produits alimentaires et en créant un mouvement de quasi panique, a accéléré la tendance à la hausse des prix observée dès 2019 et pourrait provoquer des pénuries alimentaires dans certains pays particulièrement vulnérables [lire p. 4-6], tout en amplifiant l’insécurité alimentaire à travers le monde.


Estimations du nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique


Voilà plusieurs décennies que les statistiques sur la sous-alimentation chronique1 sont produites par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO/OAA) grâce à la publication, depuis 1999, de son rapport phare, le SOFI (voir le premier SOFI en 1999).


En juillet 2022, le dernier de la série des rapports SOFI sur l’état de l’insécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde préparé conjointement par la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans le cadre du suivi des Objectifs de développement durable (ODD), présente des estimations qui suggèrent qu’il y avait entre 702 et 828 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde en 2020, soit environ 9 à 10 % de la population mondiale estimée à 7,98 milliards.2 Ces chiffres, qui autrefois étaient présentés sous la forme d’un nombre, sont désormais fournis à l’aide d’une fourchette d’estimation, à cause des difficultés spécifiques rencontrées dans la réalisation de ces estimations, surtout du fait de la pandémie (Figure 2).


Figure 2 : Nombre et pourcentage des personnes chroniquement sous-alimentées

dans le monde (2005-2021)



Télécharger le graphe en jpg: Figure2_22.jpg


Environ 55 % des personnes sous-alimentées vivaient en Asie (425 millions) et plus d’un tiers en Afrique (278 millions). Comparé à 2019, 50 millions de personnes supplémentaires souffraient de la faim en 2021 en Afrique, 85 millions de plus en Asie, et plus de 13 millions additionnels en Amérique Latine et aux Caraïbes.


Selon ces estimations, entre 84 et 210 millions supplémentaires subissaient une faim chronique en 2021, comparé à 2019. Cette tendance confirme les données tirées des enquêtes FIES.


Le nombre total de sous-alimentés en 2021 est à peu près équivalent au chiffre de 2006 (voir Figure 1 et Tableau 3), ce qui illustre une décennie et demie perdue dans le combat contre la faim et la sous-alimentation, malgré un engagement général (en paroles) en faveur des Objectifs de développement durable des Nations Unies et le lancement de plusieurs initiatives visant à éradiquer la faim de la surface de la Terre.


Depuis 2015, on peut noter que le nombre de sous-alimentés chroniques a augmenté de près de 90 millions de personnes en Afrique Subsaharienne, pendant qu’il s’accroissait d’environ 68 millions en Asie. Les chiffres du Tableau 3 montrent clairement que l’Afrique est la région où il est le plus nécessaire d’agir pour inverser une tendance préoccupante qui s’est accélérée lors de la pandémie. Cette situation ne surprend guère si l’on considère le type de politiques et de stratégies agricoles et alimentaires qui sont mises en œuvre sur ce continent [lire].


La sécurité alimentaire s’est rapidement dégradée en Amérique du Sud, du fait de la crise au Venezuela, où la prévalence de la sous-alimentation est passée de 8,4 % en 2004-06, à 22,9 % en 2019-21.


Tableau 3 : Estimation du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde

(en millions)



Note: les totaux ne correspondent pas à la somme des chiffres.

Les chiffres pour 2020 sont des projections.

Source : FAO.


Aux facteurs explicatifs avancés par les Nations Unies (guerre, changement climatique et ralentissement économique), il convient de rajouter les mesures de politique économique, notamment agricole et alimentaire, adoptées par les pays souvent sous influence des organisations internationales, particulièrement des institutions financières, et des grandes multinationales (voir Encadré).


Ces politiques ainsi que les initiatives dirigées par les donateurs ou le secteur privé, tel qu’AGRA, contribuent à marginaliser davantage les paysans pauvres en Afrique en apportant un soutien à de grands investisseurs privés, à la pénétration des multinationales dans les marchés des intrants agricoles (semences, engrais, pesticides) et à une numérisation sauvage de l’agriculture [lire]. En conséquence de quoi, de petits producteurs se voient dépossédés de leurs terres au profit d’opérateurs privés ou exclus de programmes de développement agricole [lire], et les grandes entreprises transnationales accumulent des bénéfices en siphonnant les subventions publiques sur les intrants agricoles [lire].


Encadré : Les causes de la faim et de la malnutrition


Comme de coutume dans la série des rapports SOFI présentés par les Nations Unies, la liste de causes de la faim et de la malnutrition découlant des « faiblesses » des systèmes alimentaires proposée par le rapport de 2021 - conflits, variabilité du climat et phénomènes climatiques extrêmes, ralentissements et fléchissements économiques, fortes inégalités de revenu, faible productivité et chaînes d’approvisionnement alimentaire inefficaces, inaccessibilité économique d’une alimentation saine -  est proposée sans pointer le fait que ce sont là les conséquences de décisions humaines qui constituent les véritables causes profondes de la persistance sur des décennies de ces « faiblesses ».


Les conflits sont l’œuvre des hommes, le dérèglement climatique est dû à l’extraordinaire explosion des gaz à effet de serre (GES) émis par l’utilisation massive d’énergies fossiles  par l’humanité [lire], et les ralentissements et fléchissements économiques découlent des règles et des décisions de politique que les humains et leurs gouvernements ont prises pour gérer l’économie mondiale. Il en est de même pour les inégalités et la pauvreté [lire]. Pour ce qui concerne la faible productivité et les chaînes d’approvisionnement alimentaire inefficaces, elles aussi sont le résultat de choix technologique et de gestion faits par l’humanité au cours du siècle passé, et qui sont tout sauf « naturels » ou « inéluctables » [lire].


Il est essentiel de souligner cela d’emblée, afin d’éviter d’avancer des solutions à la faim et la malnutrition qui ne feront qu’effleurer les problèmes à résoudre et se contenteront de compenser partiellement les effets négatifs des choix fondamentaux effectués.


Malheureusement, c’est ce que fait le rapport SOFI dans une large mesure, en proposant des mesures palliatives telles que de la protection sociale pour les familles pendant les conflits, du financement et des assurances contre les phénomènes climatiques extrêmes, des apports en argent liquide aux groupes vulnérables en période de crise qui semblent infaisables, car irréalistes (une protection sociale peut-elle vraiment être mise en œuvre lorsqu’une situation de conflit fragilise l’appareil d’État ?) ou une aide qui est certes utile, mais qui ne s’attaque pas à la cause véritable du mal. De plus, ces mesures sont fondées sur la croyance dangereuse que tout peut être résolu par l’argent, sans avoir à s’en prendre à l’économie réelle et ses processus.


Il est vrai que certains problèmes peuvent être atténués dans l’immédiat par des moyens financiers sans avoir à attendre la résolution des causes profondes et sans que des changements importants soient mis en œuvre [lire]. Alors cela doit être fait, évidemment, et sans attendre. Mais cela ne permet pas de se dispenser de concevoir simultanément des réformes profondes [lire] et de les engager afin de ne pas avoir à mobiliser continuellement de l’aide d’urgence, tandis que l’économie ne cesse de provoquer les souffrances de centaines de millions de personnes.


La crise de la COVID-19 et la crise alimentaire amplifiée par le conflit en Ukraine devrait être une opportunité pour accélérer de tels changements et pour projeter les systèmes économiques et alimentaires vers une plus grande durabilité sociale, économique et environnementale.



On peut regretter que, pour l’instant, aucune discussion sérieuse n’ait lieu entre les décideurs nationaux et régionaux sur la validité de ces politiques par rapport à l’objectif d’éradication de la faim. La principale préoccupation de ces responsables reste l’accroissement de la production, quelles que soient ses implications du point de vue social ou environnemental. L’approche utilisée pour produire davantage ne compte guère, du moment que la production augmente ! Cette idée est fermement implantée dans la tête des décideurs, même si les conséquences de cette position sont davantage de faim, plus d’exode rural, une plus grande exclusion d’une partie de la population rurale, et bien que l’on puisse sérieusement douter de la durabilité des résultats obtenus.


Quelques données supplémentaires sur la sous-alimentation provenant de mesures directes


Les chiffres présentés ici sont le résultat de mesures anthropométriques et autres faites sur des échantillons de personnes :


  1. Plus de 149 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde (22 % du total) souffrent d’un retard de croissance (caractérisé par une taille inférieure à la moyenne pour l’âge). Leur nombre a diminué de 14 % entre 2012 et 2020, mais augmentera probablement à la suite de la crise actuelle dont l’effet est susceptible de durer pendant plusieurs années ;

  2. 45,4 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans dans le monde souffraient d’émaciation (un poids trop faible pour leur taille) en 2020. La moitié, environ, habite en Asie du Sud et un quart en Afrique Subsaharienne. On constate, sans surprise, qu’il y a de fortes preuves qu’ils sont essentiellement issus de ménages pauvres. Dans ce cas aussi, on estime que la crise fera augmenter ces chiffres ;

  3. L’Afrique et l’Asie représentaient plus de 90 % des enfants en retard de croissance et des enfants émaciés ;

  4. En 2019, 29,9 % de toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans étaient touchées par l’anémie, les plus forts taux étant atteints en Afrique et en Asie alors qu’il n’était que de 14,8 % en Amérique du Nord et en Europe ;

  5. Les dernières estimations disponibles donnent 20,5 millions de bébés souffrant d’un poids trop faible à la naissance en 2015 (un sur sept). Il est important de se souvenir qu’un poids trop faible à la naissance implique un plus grand risque de mortalité dans les 28 premiers jours après la naissance. Les bébés qui survivent sont plus susceptibles d’être victimes de retard de croissance et d’un quotient intellectuel réduit. Ils risquent aussi, plus tard, d’être en surpoids et obèses et de souffrir de maladies chroniques, y compris des maladies cardio-vasculaires et du diabète.


Chiffres et considérations sur le surpoids et l’obésité :


  1. Au niveau mondial, la prévalence du surpoids est en augmentation dans toutes les régions et a atteint 13,1 % en 2016. Cette tendance a été accélérée par une commercialisation et un accès amélioré aux produits alimentaires industriels ultra-transformés qui sont souvent riches en énergie, produits gras (en particulier saturés et en acides gras trans), en sucres libres et en sel, et par des niveaux d’activité physique inadéquats. Les taux les plus importants sont observés en Amérique du Nord, en Asie Occidentale, en Australie et en Nouvelle-Zélande, avec une prévalence avoisinant ou dépassant 30 % ;

  2. Le surpoids et l’obésité sont en augmentation dans presque tous les pays. Ils sont responsables, chaque année, de 4 millions de morts au plan mondial.



Conclusion


Les derniers chiffres publiés par les Nations unies sur la sécurité alimentaire n’augurent rien de bon pour l’avenir. Ils montrent clairement que l’insécurité alimentaire et la faim continuent leur progression dans le monde et sont le résultat de l’effet conjugué de la mauvaise gestion du système mondial alimentaire, amplifié par la pandémie de la COVID-19. Il est peu probable, étant donné l’impact de la guerre en Ukraine, que la tendance négative observée au cours des cinq dernières années sera inversée.


Le monde n’est pas sur la bonne voie dans le combat contre la malnutrition, comme il ne l’est pas pour rendre nos systèmes alimentaires plus durables ou pour combattre le changement climatique et son impact. Seul un miracle pourrait permettre à l’humanité d’atteindre les Objectifs du développement durable. En l’absence d’un tel miracle, un engagement véritable des gouvernements pourrait cependant corriger cette tendance préoccupante.


À lafaimexpliquee.org, nous pensons qu’à moins que les politiques suivies par les pays ne changent dans un sens que nous avons à maintes reprises précisé sur ce site3, on ne peut que s’attendre à une confirmation, à l’avenir, de la détérioration observée dans la situation alimentaire mondiale, avec pour conséquences un coût énorme en pertes de vies et en souffrances humaines.


Certains croient que la solution réside dans la combinaison de politiques de croissance - même si elles entraînent l’exclusion et augmentent les inégalités - et de mesures de protection sociale et d’éducation. En fait, quand cette approche est mise en œuvre, les dispositifs de protection sociale servent souvent à camoufler les politiques économiques antisociales les plus violentes. Ceci n’est pas acceptable à notre avis.


Si les mesures de protection sociale et d’éducation sont indispensables et, quand elles sont bien conçues, il est vrai qu’elles peuvent contribuer à créer une plus grande capacité pour les pauvres de se sortir de la misère, elles ne peuvent jouer effectivement leur rôle que si les politiques économiques générales et sectorielles (particulièrement dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation) sont formulées pour offrir des opportunités aux pauvres d’améliorer leurs conditions de vie grâce à leur travail équitablement rémunéré. Cependant, la protection sociale seule ne constitue pas une solution durable pour éradiquer de la malnutrition.



Materne Maetz

(juillet 2022)


-------------------

Notes :


  1. 1.Les personnes souffrant d’insécurité alimentaire chronique ne sont pas capables de satisfaire leurs besoins nutritionnels sur une longue période de temps. Cette situation est fondamentalement différente de celle des personnes souffrant d’une insécurité alimentaire transitoire qui peut se produire temporairement pendant une période de temps courte. [FAO]

  2. 2.Ces chiffres sont estimés pour chaque pays sur la base d’un calcul mobilisant (i) la consommation alimentaire énergétique par personne qui est déduite à partir des statistiques sur la production, le commerce et la population; (ii) le coefficient de variation de cette consommation calculé à partir des résultats d’enquêtes sur la consommation des ménages ou généré par un modèle statistique, et; (iii) le besoin moyen énergétique par personne à un certain niveau d’activité, tenant compte de la structure en âge et en sexe de la population. Les détails méthodologiques peuvent être consultés dans l’Annexe 1B du rapport SOFI 2021.

  3. 3.Voir : Politiques pour une transition vers des systèmes alimentaires plus durables et plus respectueux du climat 2018, Le climat change, l’alimentation et l’agriculture aussi - Vers une « nouvelle révolution agricole et alimentaire » 2021, et Sept principes pour en finir durablement avec la faim, 2013.



-------------------

Pour en savoir davantage :


  1. FAO, FIDA, OMS, PAM et UNICEF, Résumé de L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2022. Réorienter les politiques alimentaires et agricoles pour rendre l'alimentation saine plus abordable, 2022.

  2. FAO, IFAD, UNICEF, WFP et WHO, The State of Food Security and Nutrition in the World 2022. Repurposing food and agricultural policies to make healthy diets more affordable. Rome, FAO (rapport complet, en anglais).



Sélection d’articles déjà parus sur lafaimexpliquee.org et liés à ce sujet :


  1. Guerre en Ukraine et crise alimentaire : faits et débats, 2022.

  2. Opinions : Sanctions, armes de privation massive par Anis Chowdhury et Jomo Kwame Sundaram, 2022.

  3. COVID-19 et crise alimentaire : les principaux mécanismes à l’œuvre, 2020.


et les autres articles se trouvant dans notre rubrique « Faim dans le monde ».



Archives sur la situation alimentaire mondiale :


  1. Des_chiffres_et_des_faits_2021.pdf - Les conséquences de la pandémie de la COVID-19, 2021.

  2. Des_chiffres_et_des_faits_2020.pdf - Une dégradation préoccupante, 2020.

  3. Des chiffres et des faits sur la malnutrition dans le monde 2019.pdf

  4. Des chiffres et des faits sur la malnutrition dans le monde 2018.pdf

  5. Des chiffres et des faits sur la faim dans le monde 2017.pdf

  6. Des chiffres et des faits sur la faim dans le monde juin 2015.pdf

  7. Des chiffres et des faits sur la faim dans le monde 2014.pdf

  8. Nos commentaires sur le rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2013

  9. Des chiffres et des faits sur la faim dans le monde mars 2013.pdf

  10. Faim dans le monde: quel est le nombre réel de personnes sous-alimentées dans le monde? 2013.

  11. Des chiffres et des faits sur la faim dans le monde 2012.pdf


 

Pour vos commentaires et réactions: lafaimexpl@gmail.com

Dernière actualisation:     juillet 2022